Do you hear me ?

Do you hear me ?
But I'm a creep.

Je marche au bord de l'eau, le vent entremêlant mes cheveux et retournant ma robe de lin. Je suis telle une poupée de chiffon, me laissant ballotter par le rythme des vagues. Comme des gifles glacées, elles se fracassent sur mes jambes qui persistent à rester d'une blancheur accablante. Le clapotis de l'eau est le seul bruit à perturber le silence de cette douce soirée d'octobre. La plage est vide, comme délaissée du monde entier. Je suis à son image, une ombre dont l'heure de gloire est décidemment révolue. Je n'existe plus. La chaleur de mon sourire a laissé place à une froideur extrême qui tire mes traits aujourd'hui meurtris. Je suis la déchéance, la désillusion. Il aura suffit d'une parole de sa part, d'un Je m'en vais, pour changer un air enfantin et enjoué en l'expression même du désespoir. Je me détruit, à petit feu, tout comme la plage disparaît peu à peu, rongée par l'océan. Le soleil a beau tout faire pour me retenir, m'empêcher de sombrer, je suis déjà un fantôme dont la vision s'estompe, comme une image grésillerait sur son poste de télévision. Je me disloque. Il m'avait appris à aimer, à vivre. J'avais grandit sur ses pas. Mais je dois apprendre seule à détester, à ne voir dans la vie qu'une suite de déception. Mes pieds s'enfoncent dans la vase, je me laisser emporter par les sables mouvants et les flots contradictoires qu'ont constitués mon existence. Sans chercher un instant à lutter, je glisse doucement, ensevelie sous le poids de la vie. Une vie que j'ai préféré quitter plutôt qu'affronter. J'ai fini dans la lâcheté. Mais avais-je vraiment le choix?

Picture & Texte by me
© Maïna. Aout 2009
And I'm now here


# Posté le lundi 10 août 2009 10:56

Modifié le lundi 10 août 2009 16:15

Say it ain't so, Joe please.

Say it ain't so, Joe please.


"Toute écriture est fictive, même et peut être surtout lorsqu'on s'efforce de raconter une vie. Il y a entre les mots et la réalité un décalage sans lequel écrire ne serait pas possible"


Yvon Rivard.
This picture is mine.

# Posté le lundi 22 juin 2009 14:37

"Comme un éclat de rire, vient consoler tristesse. Comme un souffle avenir, vient raviver les braises. Comme un parfum de souffre, qui fait naître la flamme. Jeunesse lève-toi."

"Comme un éclat de rire, vient consoler tristesse. Comme un souffle avenir, vient raviver les braises. Comme un parfum de souffre, qui fait naître la flamme. Jeunesse lève-toi."
Pour les ceux qui auront le courage de tout lire.
Pour Laure, dont je suis ici les conseils. Et qui est toujours là.

. C'est la douleur qui vint en premier. Une douleur amère et sèche. Une douleur que l'on attend, avec répugnance et impatience. Arrive ensuite le sang, conséquence ingénieuse de l'acte prémédité. Il perle doucement, le long du bras, puis s'embrase soudainement, comme un feu infernal. La simple vision de ce liquide rougeâtre, suffit à achever l'énergie primaire qu'il a fallu prouver. Je me souviens juste de la lumière. La lumière du néon, qui, pourtant si puissante, s'effiloche, et, peu à peu, disparaît. Et puis, plus rien. Le vide, les limbes, le néant. Comme si on avait décidé de couper le passage suivant, inintéressant ou inexistant.

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. Les paupières sont lourdes, soudée entre elles, accordées sur un unique point : empêcher de voir la laideur du monde. Mais la curiosité passe outre cette prévention. Elle prend le dessus sur tout, comme à chaque fois. Où suis-je ? A travers les cils, on aperçoit l'étrange clarté du ciel, d'une blancheur extrême. A moins que ce ne soit pas le ciel, justement. Des carreaux apparaissent, à droite, à gauche, en formant un quadrillage parfait. Les jointures d'un carrelage plafonnier, ne m'en disent guère, sur le lieu où je me trouve. La main se manifeste alors, engourdie, comme si elle se réveillait d'un profond sommeil. Prenant son rôle très au sérieux, elle se met à chercher, à tâtons cependant, un éventuel indice. Sous mes doigts, on sent la présence inévitable d'un tissu soyeux. Peut-être pas si soyeux que ça, la texture d'un drap de coton semble plus appropriée. Je suis donc dans un lit. Lequel ? Et pourquoi ? Toutes ces questions demeurent encore sans réponses. Le nez, second organe à être mobilisé, prend alors le relais. Son action est telle, qu'elle est invisible, impercevable. Dans un sursaut, un filet d'air entre par les narines, venant se nicher dans les souvenirs les plus profonds. Pour tenter de reconnaître l'odeur, le parfum, la fragrance. C'est tout un système qui est mis en place, imperturbable. Ici, cela n'a rien d'un parfum. Un relent, écoeurant, étouffant, qui menace alors de m'achever. La Javel, le chlore, le désinfectant. Je ne sais lequel, malgré tous les efforts. Aucunement quelque chose d'agréable, toutefois.
. Les hypothèses que je m'étais refusée à formuler ni même à envisager, semblent actuellement des certitudes. Faire le lien entre les différents éléments de l'enquête. Un lit, du chlore. Faire le lien, faire le lien. Je n'arrive pas. La volonté se cache alors, se défile, laissant à l'incapacité le mauvais rôle. Ce sont toujours les négations qui triomphent. Impossible, impensable, insoutenable.
. Se rendre compte du lieu où on se trouve. Admettre, accepter. La triste vérité prend de la place, elle s'étale, se diffuse. Tout est raté. Va-t'il falloir recommencer ? Je suis perdue, je veux fuir, m'échapper. Tout recevoir à la figure, tel un coup de fouet. La conscience ne s'en remet pas, elle implose. Ne suis-je douée pour rien ? Les parques ont même refusé la candidature. Une coupure, net, direct tranchant. On ne veut pas de toi. L'échec est de nouveau de la partie, vacillant d'abord ; imposant, résistant ensuite.
. Les paupières sont lourdes, soudainement. Elles abandonnent, elles ont perdu, une fois de plus. Dans le champ de vision, des stries sombres apparaissent. Comme pour couper le monde en morceaux. En tranches, rondelles ; tu n'est qu'un bout de chair. Etirée, comprimée. Libérez-moi. Les cils vibrent, tremblent. L'image devient floue, brouillée, épinglée de toute part. Un mouvement saccadé. Je m'endors. Reprendre des forces, respirer. En haletant au commencement. Pas à pas, l'apprentissage. Le souffle se pose, s'apaise. Se reconstruire « Jette ton pyjama, lève toi et marche, pauvre orphelin. Papa et maman ne reviendrons pas ».
. Dors bien. Demain, je serais une grande. La vie ne demande qu'à se faire entendre. Crie, hurle, et hurle encore. C'est maintenant que tu nais. C'est un cri de vie.


Texte by me
© Maïna. 2009

# Posté le mercredi 17 juin 2009 08:31

Modifié le lundi 10 août 2009 11:00

"Là bas j'aurais pu mourrir. Ne plus me réveiller au matin. Plus de douleur, plus de désir. Juste la force que fermez l'oeil pour m'endormir sur quelques feuilles, sur quelques feuilles."

"Là bas j'aurais pu mourrir. Ne plus me réveiller au matin. Plus de douleur, plus de désir. Juste la force que fermez l'oeil pour m'endormir sur quelques feuilles, sur quelques feuilles."


Une effusion de verdure. L'immensité d'un parc. Le soleil sur les cheveux. Le chant des oiseaux. Un air de liberté. La guitare en bruit de fond. Et le beau musicien qui va avec. Les pieds nus dans l'herbe. Le rire des enfants. La balançoire, le toboggan. Un chocolat, bouillant. Et de la mousse sur le rouge à lèvre. La foule, la folie, partout. Une musique triste sur les oreilles. On s'endort. «Plastic is so last season». Les ronds de fumée d'une cigarette. Juste les ronds. S'allonger sur la pelouse. Respirer le printemps. Les formes de nuages dans le ciel. Une pincée de mélancolie. L'ombre d'un arbre. La brûlure de la peau. Des spartiates, des jupes, et des lunettes sombres.
Si ce n'est pas le bonheur, ça y ressemble drôlement.

Photographie parComplejo.
Texte by me © Maïna. 2009

# Posté le jeudi 30 avril 2009 15:47

Modifié le lundi 10 août 2009 11:02

We use to say, that we were, brother and sister. We use to think, nothing, was ever bitter. Today, I've break my promises. To stay out of the emptyness. Today, let's make our promises, for tomorrow. LITTLE SISTER <3

We use to say, that we were, brother and sister. We use to think, nothing, was ever bitter. Today, I've break my promises. To stay out of the emptyness. Today, let's make our promises, for tomorrow. LITTLE SISTER <3
QUE S'EST-IL PASSE CHEZ LES PEOPLE DEPUIS 24 HEURES ?!
C'est le 24 heures en 24 secondes. Of course'

Les notes de piano résonnent délicatement dans mon esprit. Peu à peu, en témoin d'un temps révolu, elles me ramènent à toi.
Je me souviens encore de tes doigts, qui tels ceux d'un ange, solonnels et majestueux, dansaient sur le clavier comme une volubtile caresse. Et qui, lorsque la mélodie prennait un virage, s'élancaient avec grâce dans une infinitée de mouvements imperceptibles.
Je me souviens encore de ton extrème concentration lorsque je te regardais jouer. Trois seuls mots suffisaient pour que tu prennes cette air grave que j'admirais tant. Joue pour moi, disais-je; et tu fixais alors mes yeux en m'offrant un sourire fabuleux qui n'avait de cesse qu'à la fin du morceau.
Penser à ces instants irréels où j'étais celle qui tu appelais Muse, ravive en moi une douleur infernale. Je regrette d'avoir laisser mon esprit ainsi s'égarer, mais la musique persiste à s'ancrer dans ma mémoire, comme pour me rappeler inlassablement ces moments magiques. Parviendrais-je un jour à les oublier ? A t'oublier?
Car tu n'es plus là, hélas. Tu aurais pu devenir un grand pianiste et j'aurais continué d'être ton inspiration. Mais la vie est injuste ; ta virtuosité éblouit à présent les environs célestes.
Picture & Texte by me
© Maïna.2009

# Posté le jeudi 09 avril 2009 10:40

Modifié le lundi 10 août 2009 11:03